Humanisme-Ecologie-République

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Emmanuel Giboulot condamné !!!

Le tribunal correctionnel de Dijon en Côte d’or vient de se prononcer dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Emmanuel Giboulot ». Le viticulteur, exploitant 10 ha de Bourgogne en biodynamie, qui s’était refusé de traiter ses vignes contre la flavescence dorée, a été déclaré coupable des faits qui lui étaient reproché et condamné à payer une amende de 1 000 euros, dont 500 avec sursis. 

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Au regard de loi  Emmanuel Giboulot a été considéré comme un délinquant pour avoir refusé de se soumettre à un arrêté préfectoral du 7 juin 2013 qui lui imposait un traitement chimique systématique de ses champs contre la flavescence dorée, alors que ce type de traitement est susceptible de mettre en danger la santé de ses concitoyens.

Ainsi va la vie en ces temps de productivisme agricole ; le Tribunal a préféré trancher en faveur des lobbies du « tout chimie » et des autorités administratives complices au détriment de la collectivité.

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Une autre décision aurait été possible et conduire à la relaxe de l’accusé. En effet « l’épidémie » de flavescence dorée était circonscrite à quelques foyers dans le seul département de Saône-et-Loire. La situation d’urgence n’était donc pas constituée et surtout le principe de précaution inscrit dans la Constitution aurait pu très légitimement être invoqué.    

Après le délibéré le viticulteur a indiqué : "Je ne me sens pas du tout coupable, c'est intolérable aujourd'hui d'être obligé de se masquer, d'être dans la peur quand on assume une position". Il a fait appel de la décision.

Cette affaire une fois de plus montre le peu de cas fait aux demandes citoyennes face aux exigences de « la logique économique », 500 000 personnes ont signé en un temps record la pétition en soutien à l’action d’Emmanuel Giboulot.

Il ressort d’une étude alarmante de l'Institut national de veille sanitaire (INVS), parue en 2011 à la suite de mesures de concentrations biologiques de substances chimiques effectuées entre 2006 et 2007 sur un échantillon de 400 personnes représentatives pour les pesticides agricoles, a montré que des concentrations toxiques ont été relevée dans le sang des Français à des niveaux à minima trois fois plus importants que dans celui des Américains ou des Allemands

Une expertise collective conduite l’Inserm parue en 2013 conclue de façon irréfutable à dire que les pesticides constituent un réel danger pour la santé.  L’exposition lors des épandages massifs ou le contact prolongé avec les pesticides sont à l’origine de Cancers, de maladies neurodégénératives, et de mal-développement de l'enfant.

L'augmentation du risque de cancer de la prostate chez les agriculteurs, les ouvriers et les populations rurales est estimée entre 12 et 38%.

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Le risque de fausses-couches et de malformations congénitales est augmenté de façon « significative » lors d'exposition prénatale aux pesticides.

L’urgence dans ce dossier est à la chasse drastique aux pratiques dangereuses pour la santé dont se rendent coupables les fabricants de pesticides, ceux qui impunément les utilisent et ceux qui dans l’administration les protègent où sont complaisants.

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La situation des vignerons et des résidents qui sont installés dans les régions viticoles  est emblématique du combat qu’il faut mener contre les pesticides qui portent gravement atteinte à la santé afin d’obtenir les interdictions et jurisprudences visant à en interdire l’utilisation.

Actuellement la filière viticole occupe environs 3,7% de la surface agricole française, on y consomme 14 à 20% des pesticides utilisés globalement par les 4 filières nationales agricoles  du pays – grandes cultures, arboriculture fruitière, viticulture et cultures légumières –.

L’engagement du Grenelle de l’environnement pris en 2007 de réduire de 50% en 10 ans la consommation de produits phytosanitaires est loin d’être tenu, tout au plus constate-t-on un maintien d’utilisation au niveau de 2008.

A-t-on entendu parler de condamnations et d’amendes ? A notre connaissance personne du côté de l’administration ne réagit.

Qui peut aujourd’hui sans rougir ou voir son nez s’allonger expliquer que les dangers des pesticides pour la santé n’existent pas ?

Travailleurs de la vigne atteints de la maladie de Parkinson et de cancer de la vessie, pollution des terres saturées de produits toxiques, résidu de charges toxiques sur les peaux des raisins après les vendanges, sont autant d’éléments sur lesquels les autorités administratives agricoles, industrielles et sanitaires, toutes complices, ferment pudiquement les yeux.

«Le simple fait de travailler au contact des végétaux traités ou une atmosphère chargée de vapeurs de pesticides suffit à exposer les professionnels de l’agriculture à des doses inquiétantes.» indique porte-parole de Générations futures François Veillerette.

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Combien tout cela coûte-t-il aux comptes sociaux ?

Combien de drames familiaux quand se déclare la maladie ?

Combien de morts faudra-t-il enregistrer avant que le législateur s’empare enfin de ce grave problème, qu’il lance des études indépendantes pour nourrir sa réflexion et qu’il se décide d’agir pour préserver notre santé, celle de nos enfants et garantir les équilibres éco-systémiques naturels nécessaires au vivant ?

Où en est le plan Ecophyto lancé en 2008 ? Rangé aux oubliettes des mesures engagées pour calmer les contestataires ?

L’Assemblée nationale a adopté le 23 janvier 2014 en séance publique la proposition de loi, adoptée par le Sénat en première lecture, visant à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national.

L’entrée en vigueur du texte est prévue : au 1er janvier 2020 pour l’article 1er  et au 1er janvier 2022 pour l’article 2.

Autant dire que les lobbies agrochimiques et les productivistes des coopératives agricoles vont s’employer pendant le temps qui leur est laissé pour faire barrage.

Romain Gary  dans les racines du ciel s’interroge, « Comment pouvons-nous parler de progrès alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles manifestations de la vie ? ».

Pour le paraphraser nous pourrions à notre tour en conclusion nous interroger: comment pouvons-nous parler de citoyenneté et de démocratie quand les autorités d’un pays place les intérêts privés mercantiles de groupes industriels et agricoles au cœur de décisions qui portent atteinte à la santé des hommes et de la nature ?

Bernard FRAU Délégué Général HER

Pour en savoir plus :

Les viticulteurs et les voisins des vignes dangereusement exposés

http://www.20minutes.fr/planete/1103585-pesticides-viticulteurs-voisins-vignes-dangereusement-exposes

Enquête générations futures

http://www.generations-futures.fr/2011generations/wp-content/uploads/2013/02/Rapport_cheveux_final_bd.pdf

Les pesticides provoquent bien des cancers et des troubles neurologiques

http://www.encyclo-ecolo.com/Raisins_de_table

Impact pesticides et cancer chez les agriculteurs

Cancers dans le monde agricole : « on sous-estime l'impact des pesticides » 

Les dangers des pesticides

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/pesticides-ce-que-l-on-sait-des-vrais-dangers_1257231.html#SWdpt9x5lkytrSWg.99

Les médecins contre les pesticides

http://maplanete.blogs.sudouest.fr/archive/2014/02/04/pres-de-1-200-medecins-mettent-en-garde-contre-les-pesticide-1016397.html

La loi du 23 janvier 2014

http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0280.asp

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LES PESTICIDES EN CHIFFRES

  • Marché. Une production mondiale en forte progression. En 2011, le marché mondial des pesticides s'élevait à 44 milliards de dollars (33 milliards d'euros), en progression de 13,6 % par rapport à 2010. 27,7 % de ce chiffre d'affaires est réalisé en Europe. Viennent ensuite l'Asie, de l'Amérique latine, l'Amérique du Nord et de l'Afrique. 
  • Types. En Europe, le marché phytosanitaire est dominé par les herbicides et les fongicides.
  • Utilisation. Les Etats-Unis constituent le premier consommateur mondial de pesticides. Suivent l'Inde, la France et l'Allemagne. Rapporté à l'hectare cultivé, le Japon arrive en tête (12 kg/ha) devant l'Europe (3 kg/ha), les Etats-Unis (2,5 kg/ha) et l'Inde (0,5 kg/ha).
  • Le cas de la France. Troisième consommateur mondial, la France reste le premier utilisateur de pesticides en Europe avec 62.700 tonnes de substances actives vendues en 2011.
  • Malgré le lancement du plan Ecophyto en 2008, et l’objectif affiché de réduction de 50% des pesticides en 10 ans ainsi que l’exclusion des substances les plus dangereuses, la consommation de pesticides (NODU) a augmenté entre la période de 2009-2010 et la période 2010-2011 de 2.7%. 
  • Avec 783 milliers d’hectare en 2011, la vigne représente 3.7% de la Surface Agricole Utile  mais elle consomme à elle seule environ 20% des pesticides (en masse) dont une majorité de fongicides (80%).


09/04/2014
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