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Turquie: carton plein du grand vizir Ahmet Davoutoglou à Bruxelles

Editorial

« Quiconque a déjà marchandé le prix d’un tapis dans un bazar en Turquie sait que ces gens sont plus filous que Henry Kissinger lui-même. Ils finissent toujours par obtenir ce qu’ils veulent, en vous laissant croire que c’est vous qui avez fait une affaire alors que vous l’avez payé à un prix supérieur à celui que étiez prêt, au départ, à accepter ». (*)

C’est ce qui est arrivé à l’ensemble des dirigeants européens, qui ont négocié un deal sordide - déplacement en masse de refugiés, paiement de 6 milliards d’euros pour le prix de l’opération, reprise des négociations d’adhésion de la dictature stambouliote à l’UE, et facilitation immédiate d’entrée dans l’espace Schengen à 75 millions de Turcs – avec le plus canaille des marchands du bazar turc:    Ahmet Davoutoglou – Premier ministre et grand vizir du Sultan-dictateur Recep Tayyip Erdogan.

Mais le Sultan-dictateur Recep Tayyip Erdogan ne s’arrête pas là et l’UE n’en finit de lâcher reniant ses valeurs son histoire et ses principes. Tout cela est honteux.

Pendant que son grand vizir, le fripon Ahmet Davoutoglou, nous roule dans la farine à Bruxelles, Recep Tayyip Erdogan ne s’embarrasse pas.

Il lance sa police contre Zaman, un des principaux journaux de l’opposition turque pour en faire un torche-cul à sa botte.

Comme pour bien montrer sa volonté de s’imposer à une Union Européenne, en déroute en matière de justice de démocratie et de droits de l’homme, il fait juger à « huis clos » Can Dundar, rédacteur en chef du quotidien turc Cumhuriyet, et Erdem Gül, son chef de bureau à Ankara en se portant, avec l’accord de la cour criminelle stambouliote, partie civile au procès.

Ces deux journalistes ont pour seul tord de faire leur travail en dénonçant les turpitudes du régime d’ANKARA, sous contrôle de Recep Tayyip Erdogan.

Faut-il aussi rappeler en matière de liberté et de droits de l'homme le traitement infligé par Ankara à la minorité Kurde?

Il nous a semblé intéressant de livrer à votre attention l’article rédigé par l’AFP d’Istanbul et édité par le journal le Point pour montrer avec qui aujourd’hui la France, l’Allemagne et l’Angleterre pactisent

Nous aurons les jours prochains l’occasion de revenir sur la question liée à l’entrée de la Turquie en Europe et le silence assourdissant de l’exécutif français sur ce propos.

 

Bernard FRAU

 

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*) //lesakerfrancophone.fr/et-leurope-vendit-son-ame-au-sultan

 

"La justice décide de juger à huis clos deux journalistes anti-Erdogan"


   

 

Les journalistes Can Dundar et Erdem Gul à leur arrivée au tribunal le 25 mars 2016 à Istanbul

 

La justice a décidé vendredi de juger à huis clos deux célèbres journalistes accusés d'espionnage et coup d'Etat, au premier jour d'un procès considéré comme un test pour la liberté de la presse dans la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan.

Farouches critiques du régime islamo-conservateur, Can Dündar, rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, et Erdem Gül, son chef de bureau à Ankara, risquent la prison à vie pour avoir accusé, dans leurs colonnes, le gouvernement de leur pays d'avoir livré des armes aux rebelles islamistes de Syrie.

Deux heures à peine après le début de l'audience, la cour criminelle d'Istanbul a décidé, conformément aux requêtes du procureur, de poursuivre ses débats à huis clos pour des raisons de "sécurité nationale".

 

 

 

 

 

Can Dundar, rédacteur en chef du quotidien turc Cumhuriyet, et Erdem Gül, son chef de bureau à Ankara, à leur libération de prison le 26 février 2016 à Istanbul © VEDAT ARIK CUMHURIYET DAILY NEWSPAPER/AFP/Archives

 

Sa décision a été accueillie avec colère par le public venu soutenir les deux accusés, contraint de quitter immédiatement le tribunal.

"Juger des journalistes comme ça à huis clos, c'est une preuve supplémentaire que le pouvoir turc, le président Erdogan, ont quelque chose à cacher", a déploré le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire. "La balance de la justice n'existe plus en Turquie, l'Etat de droit est en perdition", a-t-il ajouté.

Accusés d'espionnage, divulgation de secrets d'Etat, tentative de coup d'Etat et assistance à une organisation terroriste, MM. Dündar et Gül ont déjà passé plus de 90 jours en détention provisoire, avant d'être remis en liberté le mois dernier par une décision très controversée de la Cour constitutionnelle.

Les deux hommes sont arrivés en début de matinée au palais de justice d'Istanbul sous les applaudissements d'environ 200 partisans, collègues journalistes, élus de l'opposition ou simples citoyens, qui les ont escortés jusqu'à la salle d'audience aux cris de "vous ne ferez pas taire la liberté de la presse".

Plusieurs diplomates européens, dont la consule générale de France et l'ambassadeur d'Allemagne à Ankara, ont également assisté à l'audience.

"Nous sommes ici pour défendre le journalisme (...) et le droit du public à être informé", a lancé à la presse M. Dündar avant le début des débats. "Je viens ici affirmer que le journalisme n'est pas un crime", a renchéri son collègue, M. Gül.

- 'Pressions' -

Les deux journalistes ont publié en mai 2014 un long article, agrémenté de photos et d'une vidéo, faisant état de livraisons d'armes par des camions des services de renseignement turcs (MIT) à des rebelles islamistes en Syrie en janvier 2014.

 

 

 

Les journalistes Can Dündar et Erdem Gül (d) arrivent à leur procès à Istanbul le 25 mars 2016 avec un exemplaire de leur journal Cumhuriyet © BULENT KILIC AFP

 

Ce papier a provoqué la fureur de M. Erdogan, qui a toujours nié soutenir les mouvements radicaux hostiles au régime de Damas. "Celui qui a publié cette information va payer le prix fort, je ne vais pas le lâcher comme ça", avait-il promis.

Dans sa décision vendredi, la cour criminelle stambouliote a également accepté les constitutions de partie civile de M. Erdogan et du MIT.

Les deux journalistes avaient été placés en détention provisoire en novembre et le procureur a réclamé contre eux la réclusion criminelle à perpétuité.

Mais le 26 février, la Cour constitutionnelle, l'une des dernières institutions du pays qui échappe encore au contrôle du parti de M. Erdogan au pouvoir depuis 2002, a ordonné leur remise en liberté le mois dernier, estimant que leurs droits avaient été violés.

Furieux, le chef de l'Etat avait menacé la Cour de la dissoudre en cas de "récidive".

"Nous avons dû faire face à des pressions politiques, judiciaires et économiques", a regretté vendredi M. Dündar. "Le président a déclaré qu'il ne reconnaissait pas et ne respectait pas la décision de la Cour constitutionnelle", a-t-il ajouté, "nous verrons qui de la justice ou du palais (présidentiel) sortira vainqueur".

L'incarcération de MM. Dündar et Gül et les accusations lancées contre eux par la justice et le régime turc ont suscité un tollé dans l'opposition turque, les ONG de défense des libertés et de nombreuses capitales étrangères, qui dénoncent depuis des années la dérive autoritaire de M. Erdogan.

 

Classé 149e sur 180 au classement mondial de RSF sur la liberté de la presse, le régime turc a lancé une offensive sans précédent contre les médias, sous couvert de lutte contre la "propagande terroriste".

 

Dernière victime en date, le groupe Zaman, proche de l'ennemi numéro 1 de M. Erdogan, l'imam Fethullah Gülen, a été placé sous tutelle judiciaire au début du mois.

 

25/03/2016 12:48:03 - Istanbul (AFP) -  © 2016 AFP

 

Source

 

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//www.lepoint.fr/monde/turquie-deux-journalistes-et-la-liberte-de-la-presse-en-proces-25-03-2016-2027805_24.php

 

AFP

Publié le 25/03/2016 à 04:29 - Modifié le 25/03/2016 à 12:49 | AFP

 

Pour lire plus :

 

//lesakerfrancophone.fr/et-leurope-vendit-son-ame-au-sultan

 

 



26/03/2016
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