Humanisme-Ecologie-République

Humanisme-Ecologie-République

Pourquoi il faut soutenir Henri Joyeux

Que l'on partage ou pas le point de vue du Pr Joyeux, défendre son droit à s'exprimer est une nécessité qui s'impose à chacun de nous.

                       

La décision du Conseil de l’Ordre des médecins de radier le Pr Henri Joyeux pour avoir apostrophé les autorités sanitaires sur la sécurité des vaccins est non seulement d’une extraordinaire maladresse, elle est aussi contraire à la première des libertés : celle de s'exprimer.

Un Ordre à la sanction sélective

Elle est d'une grande maladresse, car elle va immanquablement nourrir le sentiment dans l’opinion que l’Ordre est aux ordres, au mieux ceux de la ministre de la Santé, au pire, ceux des laboratoires pharmaceutiques.

Il suffit pour s’en persuader de lire les commentaires ulcérés des internautes sur la page Facebook de LaNutrition. Ce sentiment est renforcé par l’impunité dont bénéficie une partie des médecins qui, en connivence avec les industriels propagent des concepts mensongers quand ils ne contribuent pas à des catastrophes sanitaires.

 

Dans quel sommeil cataleptique l’Ordre des médecins était-il plongé quand les responsables et experts de l’Agence du médicament, en 2001 et 2002, se rangeaient aux arguments de Merck, le fabricant du médicament Vioxx, à l’origine d’une catastrophe sanitaire sans précédent ?

Quel état comateux a conduit le même Ordre à fermer les yeux sur les médecins qui ont fait la promotion du Mediator et du Protelos de Servier ?

Quelle léthargie le saisit quand des médecins payés par l’industrie soutiennent des allégations totalement ésotériques, relevant plus de la magie vaudou que de la science, par exemple qu’en consommant chaque jour 3 à 4 produits laitiers on prévient les fractures ?

Les accointances de tel médecin avec les fabricants de statines, de tel autre avec les charcutiers, d’un autre encore avec les meuniers, les producteurs de sel et de sucre ou les fabricants de sodas, et l’inévitable litanie de contre-vérités et d’arguments fallacieux qui en résultent, n’arrachent pas même un bâillement à la grosse bête assoupie qu’est l’Ordre des médecins, dont les coups de griffe sélectifs semblent surtout réservés aux contestataires de la doxa en vigueur.

Sujets tabous

Surtout, la sanction prise par l’Ordre à l’encontre du Pr Joyeux donne à penser que certains sujets de santé publique, ceux dans lesquels les autorités sanitaires se sont historiquement fortement impliqués, sont tout simplement tabous, peut-être parce que la capacité du pouvoir à admettre ses erreurs est proche de zéro.

Je pense par exemple au dépistage systématique du cancer. Les autorités sanitaires ont durablement installé dans l’opinion la croyance selon laquelle le dépistage du cancer « sauve des vies ». Or, si l’on enregistre moins de décès dus au cancer grâce au dépistage, la mortalité globale, pas seulement celle due au cancer, ne diminue pas – quand elle n’augmente pas !

Le sujet des vaccins est éminemment sensible. Pour avoir été l’un des premiers, au début des années 2000, à apporter dans Sciences et Avenir la preuve que la vaccination systématique et obligatoire chaque année de 800 000 enfants par le BCG ne se justifiait pas, j’ai pu mesurer la haine et l’hostilité que suscitent de telles remises en cause.

Il a fallu attendre 7 ans, (2007) pour que le BCG perde son caractère obligatoire, devenant simplement recommandé dans les zones à risque – précisément ce qui était préconisé dans Sciences et Avenir. Ce changement, comme je l’avais prédit, n’a pas entraîné d’augmentation des cas de tuberculose. Les mêmes gros doutes pèsent aujourd’hui sur l'efficacité de la vaccination des plus de 65 ans contre la grippe.

Lire : Le vaccin contre la grippe saisonnière protège-t-il vraiment ?

Pour avoir soulevé la question de la disponibilité des vaccins et de leur sécurité, Henri Joyeux a pénétré en territoire hostile comme jadis James Cook chez les anthropophages de l'archipel de Hawaï. Contrairement aux Etats-Unis où le Premier amendement de la Constitution garantit la liberté de parole, y compris aux médecins (une prérogative renforcée en octobre 2003 par la Cour Suprême), aucune protection de ce type n’existe dans notre pays. Les médecins qui contestent le bien fondé de telle ou telle pratique s’exposent, comme Henri Joyeux, à des sanctions discrétionnaires.

Liberté d'expression à la carte

Dans la presse et sur Internet, quelques bonnes âmes ont voulu justifier les sanctions ordinales par des propos qu’Henri Joyeux a tenus sur des sujets sociétaux.

La ministre de la Santé, elle-même, avait donné le « la » en assurant que le Pr Joyeux avait "pris des positions rétrogrades sur toute une série de sujets".

Ainsi, la liberté d’expression se distribuerait comme les parts d’un gâteau : ceux qu’on juge fréquentables y auraient droit, les autres les regarderaient sans pouvoir broncher.

Les « grands démocrates » ministre, médecins ou autres censeurs qui défendent cette désignation au mérite, qui gratifient les uns du droit même qu’ils dénient aux autres, se rendent-ils seulement compte qu’ils foulent aux pieds le premier des piliers de la République qu'ils sont censés servir ?

Je les invite à méditer la position défendue par l’American Civil Liberties Union (ACLU), une association qui, depuis un siècle, défend et préserve les libertés et les droits individuels garantis par la Constitution des Etats-Unis. L’ACLU, qui s’est illustrée dans sa lutte contre les discours de haine et d’exclusion, a pourtant défendu bec et ongles le droit à s’exprimer de ceux-là mêmes qu'elle combat, une position en apparence contradictoire, que l'ACLU explique ainsi : « Si seules les idées populaires étaient protégées, nous n’aurions pas besoin de Premier amendement. L’histoire nous apprend que la première cible de la répression officielle n’est jamais la dernière. Si nous ne prenons pas la défense des moins populaires d’entre nous, alors la liberté d’aucun d’entre nous ne sera en sécurité. A cet égard, le droit à la liberté d’expression est indivisible. »

Henri Joyeux ne tient ni un discours de haine, ni un discours d’exclusion. Mais qu’on partage ou pas ses vues sur la société ou sur la famille, qu’on apprécie ou pas ses mises en garde sur les vaccins, chaque vrai démocrate doit maintenant se lever pour défendre le droit de ce médecin à s’exprimer.

source:

http://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/se-soigner/les-vaccins/pourquoi-il-faut-soutenir-henri-joyeux.html

Thierry Souccar - Mercredi 13 Juillet 2016

http://www.lanutrition.fr/

 

Faites connaître votre avis avec respect et courtoisie ! aux personnalités suivantes

 

Dr Patrick Bouet

Président du conseil national de l'Ordre des médecins

180, bd Haussmann

75389 PARIS Cedex 08

E-mail :    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. conseil-national@cn.medecin.fr Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Compte twitter : @Bouetp

 

Marisol Touraine

Ministre des Affaires sociales et de la santé

14, avenue Duquesne 

75350 PARIS 07 SP 

Lien pour écrire sur le site : http://social-sante.gouv.fr/ministere/article/ecrire-a-la-ministre

Compte Twitter : @MarisolTouraine

 



21/07/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 609 autres membres