Humanisme-Ecologie-République

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Manuel Valls, « boues rouges » : Je gouverne, je décide !

Usine-Alcan à Gardanne-en-octobre 2010

L'usine Alcan à Gardanne en octobre 2010, unique usine française de traitement de minerai de bauxite produisant des boues rouges, exploitée par la société Rio Tinto.

La secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno a demandé le 7 octobre 2010 "un nouveau contrôle" de l'usine après l'accident industriel survenu en Hongrie, où plus de 1 million de mètres cubes de boue rouge toxique se sont déversés, après un accident dans une usine de bauxite-aluminium à Ajka.

 

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

 

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Un reportage de « Thalassa » retraçant l’historique des rejets de boues rouges au large de Cassis, dans les Bouches-du-Rhône, a relancé vendredi 2 septembre la polémique entre le premier ministre Manuel Valls et la ministre de l’environnement Ségolène Royal, opposés sur l’opportunité de poursuivre ces rejets polluants.

Dans ce reportage programmé vendredi soir sur France 3, Ségolène Royal revient sur la décision, à la fin de 2015, d’autoriser pour six ans la poursuite de l’activité de l’usine Altéo de Gardanne. L’industriel, qui a rejeté pendant cinquante ans des « boues rouges », toxiques, en plein cœur de l’actuel Parc national des calanques, a dû modifier ses procédés de production d’alumine à partir de bauxite et ne rejette plus qu’un liquide filtré. Ses opposants continuent de dénoncer ces effluents comme très polluants.

Une autorisation « inadmissible »

A l’époque, Mme Royal avait publiquement désapprouvé l’autorisation délivrée par la préfecture, affirmant que « l’ordre » était « venu du premier ministre au préfet, direct ».

Interviewée dans l’émission « Thalassa », Mme Royal enfonce le clou : « Le jour où [ces rejets seront] interdits, on dira mais comment ça a pu exister, comment même a-t-on pu autoriser ça et renouveler cette autorisation ? C’est inadmissible », déclare-t-elle.

Mme Royal affirme ne pas avoir pu s’opposer à Manuel Valls : « Il est premier ministre, il a décidé le contraire de ce que dit sa ministre de l’environnement, donc voilà. Dont acte. » « Je ne peux pas donner un contrordre, mais en revanche, mon rôle c’est de dire que je ne suis pas d’accord », poursuit-elle.