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Manifestations : la gauche de la gauche agacée par les menaces de l'exécutif

Manifestation contre la loi travail, le 14 juin à Rennes. Photo Damien Meyer. AFP

De Pierre Laurent à Arnaud Montebourg, en passant par Philippe Martinez et Jean-Luc Mélenchon, de nombreuses voix accusent le gouvernement de vouloir discréditer le mouvement contre la loi travail.

Plusieurs responsables de la gauche du PS se sont élevés jeudi contre la menace par l’exécutif d’interdire de nouvelles manifestations contre le projet de loi travail, Arnaud Montebourg brocardant un «coup de force permanent» et Pierre Laurent (PCF) une «manipulation». L’exécutif a menacé mercredi d’interdire les manifestations au lendemain de nouvelles violences et dégâts en marge du défilé parisien, avec au moins 29 policiers et 11 manifestants blessés et de multiples dégradations, notamment contre l’hôpital Necker-Enfants malades.

«Nous sommes en face de la politique du coup de force permanent», a brocardé l’ancien ministre PS Arnaud Montebourg sur France Culture. «Vous avez un problème parlementaire, on sort le 49-3. Vous avez une motion de censure sur le point d’être déposée par des parlementaires de la majorité, fait exceptionnel, on sort la machine à sanctionner. Vous avez un problème avec les organisations syndicales, les pétitions, vous leur interdisez de manifester. Vous avez un problème d’impopularité du président qui pourrait peut-être ne pas avoir son investiture à la présidentielle, vous supprimez les primaires», a-t-il énuméré.

Le gouvernement accusé de vouloir «discréditer un mouvement social»

Même son de cloche chez le chef de file des députés PS «frondeurs» Christian Paul. Si les violences sont «absolument inacceptables et condamnables», «ça n’a rien à voir avec le mouvement social (...). Et je pense que ce serait une erreur historique de porter atteinte à la liberté de manifester», a-t-il dit sur LCP. «J’en appelle au discernement et au sang-froid», a lancé Christian Paul. «Je voudrais entendre dans la bouche de Manuel Valls pour une fois la volonté du compromis, et pas simplement le souci de faire plier telle organisation syndicale ou telle partie de sa majorité».

Le secrétaire national du Parti communiste (PCF) Pierre Laurent a quant à lui accusé le gouvernement de se livrer à une «énorme manipulation pour occulter la réalité de la manifestation et pour qu’on ne parle plus de la loi travail».

«On a vu des choses étonnantes dans la manifestation. Pourquoi les casseurs sont-ils toujours les mêmes ? Pourquoi ne sont-ils pas interpellés ? Il y a des choses qui ne fonctionnent pas», a renchéri le sénateur de Paris, accusant le gouvernement de vouloir «discréditer un mouvement social».

«Vision complotiste» rétorque Le Guen

Dans un communiqué, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a dénoncé la «dérive autoritaire du gouvernement», qu’il accuse «d’instrumentaliser l’odieux acte terroriste contre des policiers» lundi soir à Magnanville (Yvelines).

Sur RTL jeudi matin, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez s’est étonné de la «charge» du gouvernement contre sa centrale. Le préfet de police de Paris Michel Cadot a affirmé mercredi qu’en fin de manifestation, un groupe de 100 à 200 manifestants de la CGT avait «participé à des actes de violence». Pour Philippe Martinez, «il y a eu un ordre, je pense de la préfecture (...), de foncer sur les manifestants». «Quand c’est comme ça –ce n’est pas la première fois–, chacun essaie de se défendre parce que c’est assez violent ce genre de contact».

«C’est à la fois un peu triste de voir ce type de défense de la part de M. Martinez et en même temps c’est grave, parce que d’un certain point de vue, il en vient à justifier la violence». «C’est une vision complotiste», a rétorqué sur iTélé le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.

 

Source

 

Par

//www.liberation.fr/france/2016/06/16/manifestations-la-gauche-de-la-gauche-agacee-par-les-menaces-de-l-executif_1459838

 

Un peu d'histoire

Le 9 octobre 1948, Henri Queuille, président du Conseil (de tendance radicale) depuis le 11 septembre 1948 — il forme le cinquième cabinet de la Troisième Force depuis l'éviction des ministres communistes en mars 1947 et la fin du tripartisme —, dénonce le « caractère insurrectionnel » des grèves en cours dans les mines. Ces nouvelles grèves, qui prennent des allures révolutionnaires notamment dans les charbonnages du Nord, sont déclenchées en octobre 1948 par la CGT en raison d'un retard des salaires sur les prix de plus de 30 %, l'inflation étant alors un mal chronique malgré l'aide américaine et de la suppression des avantages acquis à la Libération, décidée par le ministre de l'Industrie, Robert Lacoste[6].

Pour contrer la grève, Jules Moch mobilise 60 000 CRS et soldats, qui se heurtent aux 15 000 grévistes retranchés dans les puits, et leur imposent, fin novembre une cuisante reprise du travail. À la faveur de la lassitude des travailleurs et des divisions des syndicats, la répression est sévère, avec plus de 3 000 licenciements, six morts et de nombreux blessés[7]. Les communistes garderont contre Jules Moch un profond ressentiment[8].

Source

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Moch

 

Passage en force, menaces,  manipulations tentatives d'intimidation.....Jusqu'où?

Par Bernard FRAU Délégué général HER