Humanisme-Ecologie-République

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Les opposants aux boues rouges répondent à Maud Fontenoy

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Madame Fontenoy veuillez trouvez nos réponses directement dans le texte de votre article du 24 novembre 2016 paru dans Valeurs Actuelles : http://www.valeursactuelles.com/sciences/boues-rouges-prudence-exigee-45992 MF :

« J’aime l’océan autant que la mer méditerranée. Je n’ai pas envie de voir rouge lors de mes plongées et partage donc naturellement les inquiétudes des associations et des riverains par rapport aux rejets réalisés par l’usine des Bouches du Rhône.»

 

O : « Cette pollution longtemps oubliée ne l’est plus. Chaque jour depuis plus de 50 ans des hommes et des femmes se battent pour que cette pollution cesse, aborder le sujet par le fait que cette pollution pourrait gâcher le plaisir d’une de vos plongées n’est pas très sérieux et avec tout le respect que nous vous devons il s’agit du dernier de nos soucis. Nous avons réussi grâce à un travail de terrain rigoureux avec des analyses scientifiques à l’appui à prouver que cette pollution à un impact considérable sur l’écosystème méditerranéen. Notre crainte est que l’impact sanitaire inconnu à ce jour soit bien plus important que ce que l’industriel et l’état nous annonce. »

 

MF : « Ceci étant dit, je m’attache à étudier en profondeur les dossiers pour ne pas laisser l’émotionnel prendre le pas sur la raison. Boues rouges dans les calanques : qu’en est-il exactement ? Oui, il y a une question liée à la sauvegarde de près d’un millier d’emplois, ce qui est loin d’être négligeable vu les chiffres records du chômage. »

 

O : « À la lecture de votre témoignage il semblerait que vous n’ayez pas travaillé en profondeur le dossier des boues rouges. Il n’y a pas 1000 emplois à Gardanne mais un peu moins de 400 salariés environ. Le chantage à l’emploi pratiqué par de nombreuses personnes sur ce dossier est indigne, j’espère que vous en conviendrez. Le fait d’opposer les salariés de l’usine aux lanceurs d’alerte est tout aussi indigne. Personne n’est contre l’emploi, personne ne doit avoir à choisir entre une pollution qui dure depuis trop longtemps et l’emploi.

 

Il est grand temps de respecter les pécheurs, les dockers, les salariés de l’usine, les habitants concernés par les rejets en mer et a terre, bref toute la population qui souffre de cette pollution.

 

La désinformation et le mensonge ne peuvent plus durer, tout le monde a droit de savoir quel est l’impact réel de cette production et de cette pollution sur notre santé. »

 

MF : « Mais faut-il pour autant négliger la préservation de notre planète. Evidemment, non ! C’est donc pour cela que le rejet de boues est strictement interdit depuis le 1er janvier dernier. »

 

O : « Ne jouons pas sur les mots la partie liquide des boues rouges est rejetée en mer et la partie solide se retrouve à terre à hauteur de plusieurs centaines de milliers de tonnes par ans.

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Le problème est loin d’être résolu d’autant plus que les boues rouges en mer continuent certainement a impacter le vivant. A terre l’impact sanitaire n’est pas connu et il est grand temps de le quantifier »

 

MF : « A cet effet, l’usine de Gardanne a investi près de 13M€ pour construire 2 nouveaux filtre-presse et une unité de filtration sous pression. »

 

O : « N’oubliez pas de dire que le contribuable (via l'agence de l'eau) a financé à hauteur de plusieurs millions d'euros (environ 15 millions) les filtres presses et autres installations d'Alteo permettant à cette industrie de l'alumine de renforcer son modèle économique basé sur la valorisation de ses déchets.

 

Par ailleurs Alteo bénéficie d'un allégement de facture pour sa redevance (à l’agence de l’eau) en tant que pollueur. La loi de finances rectificative du 14 mars 2012 a créé un zonage spécial pour l’usine de Gardanne : Toxicité aiguë rejetée en mer au-delà de 5 km du littoral et à plus de 250 mètres de profondeur par kiloéquitox. Alteo annonce payer environ 2,5 millions d’euros de redevance alors qu’il devrait payer beaucoup plus (environ 13 millions)

 

Si vous faites la soustraction 15 millions d’euros donnés par l’agence de l’eau moins 2,5 millions payés par Alteo nous avons donc récemment donné environ 12,5 millions d’euros à cette industrie.

 

Nous sommes passés d’un système de « pollueur payeur » à « pollueur payé ». »

 

MF : « Le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) a été chargé d’examiner les technologies envisagées et a conclu que les traitements mis en place faisait partie des meilleurs technique disponibles actuellement dans cette filière. »

 

O : "N’oubliez pas de dire que d’autres solutions moins polluantes existent mais aussi que le BRGM est partenaire d’Alteo dans le cadre du projet de 45 millions d’euros de valorisation des boues rouges appelé BRAVO. Dès lors il est compliqué pour le BRGM, juge et partie, de dire à Alteo que la solution retenue n’est pas la bonne."

 

MF : « Le préfet de la Région a ainsi autorisé les rejets (à 300 mètres de fond et à plus de 7km des cotes) d’eau claire résiduelle. »

 

O : "Si c’est de l’eau, nous vous invitons à la boire. Le rejet liquide que vous appelez « eau » est composé entre autres de 53 substances polluantes telles que l’arsenic. Par ailleurs la composition de ce rejet ne respecte pas les normes internationales habituellement en vigueur et bénéficie d’une dérogation de l’état (Doc ci joint).

 

Permettez nous de vous rappeler que votre rôle est de protéger les citoyens pas l’économie et le statut quo".

 

MF : « L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement (ANSES), a quant à elle conclu qu’il était actuellement impossible de caractériser l’impact «spécifique» négatif de ces rejets.

 

O : "N’oubliez pas de dire que L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement (ANSES), a conclu dans la partie de son étude relative à la contamination des poissons et à l’estimation de l’exposition alimentaire quand on mange du poisson que les estimations de l’exposition alimentaire réalisées par l’Anses pour l’arsenic, le mercure et le plomb sont plus élevées que celles présentées dans le rapport d’Alteo, dans des rapports allant de 10 à 1000."

 

MF : « Pour ces raisons éclairées, le conseil d'administration du Parc national des Calanques a donné son autorisation à la poursuite pendant 30 ans des rejets. »

 

O : « Vous réécrivez l’histoire le conseil d'administration du Parc national des Calanques a donné son autorisation à la poursuite pendant 30 ans des rejets en septembre 2014. L’analyse de l’ANSES est sortie en 2015, à moins d’avoir voyagé dans le temps nous ne voyons pas comment cette prise de décision a pu éclairer le conseil d'administration du Parc national des Calanques ».

 

MF : « Des contrôles sont prévus et ils seront certifiés par le Comité de surveillance et d’information sur les rejets en mer (CSIRM - instance totalement indépendante de l’industriel, crée spécifiquement début 2016 par le préfet).

 

O : « Il est nécessaire d’associer à ces contrôles, l’expertise citoyenne des opposants à cette pollution. »

 

MF : « Voilà donc où nous en sommes sur ce dossier après 3 ans de travail avec l’Etat, 18 mois d’expertise et les travaux réalisés par l’entreprise. Il demeure néanmoins un besoin d’études d’impact approfondies : elles sont en cours, j’y serai très attentive. C’est ainsi que le sensationnel prend parfois, avouons-le, le pas sur les faits. Les alertes relayées dans la presse provoquent un embouteillage d’inquiétudes que l’on a plus le temps de démentir. Vu l’importance des enjeux, un peu de raison et de transparence, notamment de la part de nos dirigeants, serait souhaitable. La préservation de notre environnement ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiques ! »

 

O : « Nous nous rejoignons sur ce point sauf que vous faites partie de « nos dirigeants » et malheureusement dans cet article il y a plus de confusion que de transparence. »

 

Source

 

Olivier DUBUQUOY 30 novembre 2016

 

https://www.change.org/

 

 

 

Le point de vue HER 558217_611066385602792_694465029_n.jpg

 

Le dossier est suffisamment bien documenté. Il n’y a rien à ajouter sinon qu’il est pertinent de soutenir l’action des militants écologistes qui luttent sur le terrain pour faire cesser le déversement de boues rouges liquides dans les calanques et le stockage à terre de centaines de millier de tonnes par ans de boues solides. Ces rejets menacent les équilibres de l’écosystème méditerranéen.

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Pour aider les militants sur le terrain signons la pétition à partir du lien ci-après : https://www.change.org/p/interdire-les-rejets-toxiques-en-mer-et-%C3%A0-terre-bouesrouges?recruiter=6616588&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

 

Merci pour eux et les luttes engagées afin de protéger la nature et la biodiversité

Bernard FRAU

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30/11/2016
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