Humanisme-Ecologie-République

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La catastrophe de Fukushima aura-t-elle raison de Tepco ?

Voilà un article particulièrement intéressant à lire pour tous ceux qui en France continuent dans l’insouciance la plus totale à soutenir le Nucléaire et au détriment d’une transition forte et rapide en direction des énergies renouvelables et de la restructuration du réseau de transport.

Bernard FRAU

Délégué général HER

Vice-Président Le Rassemblement Citoyen

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Deux ans et demi après la catastrophe de Fukushima qui a laissé une centrale nucléaire en plein chaos, les interventions de démantèlement – à haut risque – viennent de débuter. La compagnie qui gère l'installation de Fukushima Daiichi, est à son image : dévastée et en tentative de sauvetage. Ce qui est loin d'être rassurant quant à la suite des évènements.

Ruinée: tel est l'état réel de la compagnie qui gère la centrale accidentée de Fukushima, dévastée par le tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est du Japon.

Si Tokyo Electric Power (Tepco) existe encore, c'est que l'Etat japonais lui a indirectement donné (« prêté" dit le gouvernement) l'équivalent de quelque 30 milliards d'euros pour éviter la faillite pure et simple. Cet argent est censé servir à indemniser les quelque 160 000 personnes chassées de leur domicile par la radioactivité et des milliers d'autres pour les nombreux préjudices subis.

Il était impossible en effet pour le gouvernement de laisser s'effondrer ce fournisseur d'électricité qui monopolise l'alimentation de la populeuse mégapole tokyoïte de 35 millions d'habitants, cœur économique et politique du pays. Si Tepco tombait, le Japon serait plongé dans le noir.

Mais comme Tepco est un tonneau des Danaïdes, l'Etat a fini par ne trouver comme moyen que de devenir le premier actionnaire de la firme, sans pour autant accepter le terme « nationalisation », même si c'en est une de fait.

Une entreprise sous perfusion de l’Etat

Les  dirigeants de Tepco n'ont de cesse de dire que « l'entreprise doit redevenir maîtresse d'elle-même et revenir totalement dans le secteur privé dès que possible », pour le moment elle en est bien incapable.

Et ce ne sont pas les avaries récentes dans le complexe nucléaire saccagé qui vont arranger les choses, bien au contraire, puisque l'Etat à encore dû promettre de remettre la main au portefeuille pour payer cette fois un système de décontamination d'eau (plus performant que celui qui dysfonctionne depuis des mois) ainsi que l'érection d'un mur de glace souterrain afin de stopper le ruissellement d'eau radioactive dans l'océan Pacifique voisin.

Alors Tepco a beau fanfaronner en publiant au premier semestre de son exercice 2013-2014 des bénéfices, ceux-ci sont artificiels. Une grande part du résultat net correspond à une partie des avances récentes de l'Etat…tandis que les gains d'exploitation eux, n'existent que parce que la facture d'électricité des clients a bondi de 10 à 20% en deux ans, ce pour couvrir les charges affolantes d'achats de pétrole et gaz destinés à faire carburer à plein régime les centrales thermiques.

Le couperet de la libéralisation du marché de l’électricité

En fait, Tepco cherche des fonds par tous les moyens (en vendant tout ce qui peut l'être) et doit en plus se préparer à la libéralisation prochaine (2016) du secteur de l'électricité qui va lui enlever une partie des avantages sur lesquels elle s'est jusqu'à présent reposée.

Dans un premier temps, selon la presse japonaise, Tepco envisage de réduire encore la voilure (en l'occurrence sa masse salariale) en échange d'une aide financière supplémentaire des pouvoirs publics. 

De 1 000 à 1 500 personnes devraient quitter l'entreprise (avec une petite enveloppe) d'ici à l'automne 2014.

De surcroît, la compagnie, pour le moment totalement privée de ses centrales nucléaires, prévoit de vendre de vieilles installations thermiques qui, rénovées, seraient alors exploitées par une autre structure auprès de laquelle s'approvisionnerait Tepco à un coût inférieur. 

Une entité Tepco consacrée au démantèlement ?

Du coût, Tepco prévoirait de créer une société holding qui chapeauterait plusieurs entités séparées, pour la production, la distribution et la vente de courant. Ce nouveau découpage n'est toutefois pas possible dans l'immédiat. Il ne le deviendra que lorsque sera votée et entrée en vigueur une nouvelle loi régissant le secteur de l'électricité, a priori en 2017.

La place dans ce schéma d'une éventuelle entité pour gérer la démolition du complexe atomique de Fukushima n'est pas encore définie. Mais des voix s’élèvent pour qu’une firme ad hoc soit entièrement consacrée à cette tâche titanesque qui doit durer quelque quatre décennies.

En attendant, et parce que les aides de l'Etat (via un fonds semi-public créé spécialement) ne sont censées couvrir que le dédommagement des sinistrés, Tepco a encore grand besoin des banques privées pour payer le reste.

Sur la base du même plan de restructuration en cours d'élaboration, les méga-banques japonaises ainsi qu'un établissement semi-publics sont prêts à étudier la requête et les engagements de Tepco pour lui octroyer 500 milliards de yens (3,9 milliards d'euros) supplémentaires afin d'aider au démantèlement de Fukushima Daiichi, un chantier dont nul ne connaît d'ailleurs le coût, mais dont tout le monde sait qu'il sera exorbitant

Source http://www.novethic.fr/novethic/rse_responsabilite_sociale_des_entreprises,gouvernance,la_catastrophe_fukushima_aura_elle_eu_raison_tepco,141827.jsp

Publié le 27-11-2013 par Karyn Nishimura 

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29/11/2013
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