Humanisme-Ecologie-République

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Et si Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy arrivaient au second tour ?

Ce scénario rejoindrait-il celui de 2001 où le duel Jean-Marie Le Pen – Jacques Chirac avait donné 82 % de voix exprimées à Chirac ? On peut plutôt s’attendre à une abstention massive.

Imaginons que Marine, ou non, plutôt Nicolas, enfin que l’un des deux soit élu avec une abstention de 70 % de la population. Donc avec 16 % à 20 % des votants !

Situation ubuesque et inédite :

- d’un côté, une politique tête baissée dans la poursuite de la croissance à tout prix, de la consommation des énergies fossiles à bas coût, de l’exploitation colonialiste du Tiers-Monde, de la stigmatisation de l’intégrisme religieux et de l’isolation du terrorisme sans aucune référence au choc en retour, jamais.

Et, suite logique de cet épouvantable attirail : l’explosion des réfugiés climatiques, les reconduites à la frontière, l’ouverture de nouveaux camps.

- De l’autre côté, c’est là que ça commence à devenir inédit, on peut imaginer une réaction massive, des cohortes de Justes qui protègent leurs voisins, les millions d’immigrés menacés.

Rien qu’à ce niveau, la situation serait déjà ubuesque, révolutionnaire comme jamais, nos chers élus se retrouvant désavoués de toutes parts.

Pourtant, immanquablement, la situation ne tardera pas à se corser.

Car s’inviteront à la table, et dans le désordre : la raréfaction des ressources et leur renchérissement, les effets croissants du réchauffement climatique, la remise en cause de notre mode de vie à l’occidentale et de la mondialisation, et toute la pensée de Majid Rahnema et toute la démarche de Rob Hopkins présentée en détail dans son Manuel de transition.

Que les électeurs aux présidentielles de 2017 confirment le présage du titre de ces lignes, et nous aurons du souci à nous faire.

Que l’entrée en décroissance volontaire, lucide, assumée, afin d’éviter une récession subie, soit enclenchée avant même les élections et influe sur celles-ci, et les soucis que nous aurons à nous faire diminueront sacrément : nous passerons alors des problèmes, insurmontables à ce jour aux yeux des médias omniprésents, à un début d’amorce de solutions locales, autonomes, inventives, conviviales.

Un début de vraies solutions.

L’analyse de Majid Rahnema, si peu connue à ce jour, démontre avec brio que si quatre milliards de ‘‘pauvres’’ sont aujourd’hui acculés à la misère, ce n’est pas parce qu’ils n’auraient pas encore fait le saut de leur économie de subsistance à notre économie de marché, mais parce que l’économie de marché les a brutalement arrachés aux manières traditionnelles dont, pendant des millénaires, ils surent assumer leur subsistance.

 

Source :

« La puissance des pauvres », page 391, ouvrage paru en 2012. Majid est mort le 14 avril 2015 à 91 ans

 

 

Biographie de Majid Rahnema

Longtemps ambassadeur, il a représenté l'Iran auprès des Nations unies durant douze sessions successives, de 1957 à 1971. Il a été commissaire des Nations Unies au Rwanda et au Burundi en 1959, pour les élections et le référendum qui ont conduit ces pays à l’indépendance. Il a également été membre du Conseil de l'université des Nations unies de 1974 à 1978, et également représentant-résident de l’ONU au Mali[2].

Entre 1967 et 1971, il est ministre des Sciences et de l'enseignement supérieur en Iran, sous le régime du Shah. en 1971, Il crée un Institut d'Études du Développement Endogène, inspiré par les idées éducatives de Paulo Freire, pour entamer un projet de développement de base avec les paysans de Lorestan [3].

Après sa retraite en 1985, il enseigne à l'Université de Californie à Berkeley durant six ans, puis, à partir de 1993, au Claremont Collèges de Pitzer. Il s'établit ensuite en France, où il enseigne à l'Université Américaine de Paris [4].

Ses nombreuses activités diplomatiques dans le tiers monde l'amènent à réfléchir sur le développement, et plus particulièrement sur la pauvreté. Il en vient à distinguer la « pauvreté » (mode de vie basée sur la sobriété, qui peut être volontaire cf. simplicité volontaire) de la « misère » (impossibilité d'accéder à des moyens de subsistance).

Cette réflexion de vingt ans aboutira à la publication de son ouvrage Quand la misère chasse la pauvreté (2003). Dans cet ouvrage, l'auteur résume ainsi son approche : La propagation généralisée de la misère et de l'indigence est un scandale social évidemment inadmissible, surtout dans des sociétés parfaitement à même de l'éviter. Et la révolte viscérale qu'elle suscite en chacun de nous est tout à fait compréhensible et justifiée.

Mais ce n'est pas en augmentant la puissance de la machine à créer des biens et des produits matériels que ce scandale prendra fin, car la machine mise en action à cet effet est la même qui fabrique systématiquement la misère. Il s'agit aujourd'hui de chercher à comprendre les raisons multiples et profondes du scandale.

C'est cette recherche qui m'amène aujourd'hui à montrer combien une transformation radicale de nos modes de vie, notamment une réinvention de la pauvreté choisie, est désormais devenue la condition sine qua non de toute lutte sérieuse contre les nouvelles formes de production de la misère.

Ami d'Ivan Illich, il a participé à ses réflexions sur le développement [5].

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Majid_Rahnema

Plus d'informations

http://www.telerama.fr/livre/trois-raisons-de-re-lire-majid-rahnema,125562.php

 

 

 

 



28/09/2016
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