Humanisme-Ecologie-République

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L'Ormeau: lettre ouverte à Marisol Touraine

Plusieurs dizaines de personnalités de gauche soutiennent les salariés de la polyclinique, en lutte depuis cinquante jours.

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"Va voir la-bas si j'y suis, silence je m'en tape"

Madame la ministre,

Nous avons décidé de vous adresser ce courrier entre les deux réveillons car il y a urgence pour les l’Ormeau, et vous devez agir ! L’Ormeau est le nom d’une polyclinique de Tarbes (Hautes-Pyrénées) où les personnels sont en grève depuis le 8 novembre dernier.

Cinquante jours de grève, c’est long. Encore plus quand un mouvement a lieu pendant les fêtes de fin d’année.

Et ce sont majoritairement des femmes, dont beaucoup sont mères de famille, et même grands-mères, qui sont la force motrice de ce mouvement.

Pourtant les salariés ne faiblissent pas. Sûrement parce qu’au cœur de leur lutte il y a la conviction qu’il est primordial de défendre l’accès aux soins pour tous et qu’au cœur de leurs exigences, il y a celle d’avoir les moyens d’assumer leur mission. C’est pourquoi ils réclament la revalorisation de leurs salaires sur une grille de salaires démarrant au niveau du Smic et la reconnaissance de leurs qualifications et de leurs expériences.

Ils ont face à eux la direction de l’établissement et du groupe MédiPôle Partenaires qui joue la montre, le pourrissement du conflit et a préféré perdre plus de 3 millions d’euros que répondre à leurs attentes. Ils sont aussi confrontés à l’inaction pesante de l’agence régionale de santé (ARS) et au silence tout aussi pesant de votre ministère !!!

Ceux-là sont d’autant difficiles à vivre que les personnels sont acculés au mépris, à la provocation et aux intimidations journalières de leur direction. Jusqu’à assigner 17 d’entre eux au tribunal il y a quelques jours. La clinique a été déboutée par la justice mais cela n’a pas pour autant permis au dialogue social de s’instaurer.

Les salariés poursuivent donc leur mobilisation. Déterminés et dignes, avec un sens de l’intérêt général hors du commun.

Ils sont soutenus par la population tarbaise et haute-pyrénéenne, largement acquise à leurs revendications et tout autant qu’eux préoccupée du devenir des soins et de l’hospitalisation.

Alors que certains parlent de privatiser davantage les services de santé, les hôpitaux ou même la Sécurité sociale, nous pouvons observer les ravages de ce genre de gestion basée sur le profit et non sur les besoins de la population.

Sans oublier que les hôpitaux, contraints à une rentabilité économique, accumulent les difficultés pour assurer leurs missions de santé publique.

Aujourd’hui après des milliers de pétitions signées, des motions de soutien adoptées dans l’ensemble des assemblées communales et locales, après la nomination d’un médiateur qui comme les grévistes reste sans réponse, il s’agit de trouver une issue à ce conflit, et vite !

Les grévistes sont prêts à discuter, à négocier. Mais face à eux, il leur faut trouver autre chose qu’un mur d’intransigeance et d’égoïsme. La grève va entrer dans sa huitième semaine et il est maintenant de la responsabilité des pouvoirs publics de faire entendre raison à MédiPôle Partenaires !

On ne peut laisser ce groupe imposer sa stratégie de développement financier, sa fusion avec Elsan, numéro deux de l’hospitalisation privée en France, sa recomposition de la cartographie sanitaire au mépris des besoins de tout un bassin d’emploi et de vie.

Que nous soyons de Tarbes ou pas, cette lutte et ces revendications sont les nôtres.

L’État via la Banque publique d’investissement (BPI) finance le groupe MédiPôle Partenaires.

L’État peut faire entendre sa voix : il le doit même, sinon cela signifierait qu’en matière de santé publique il n’a aucune autorité !!! Nous refusons de le croire. Madame la ministre de la Santé, Monsieur le premier ministre, vous devez agir.

 

Premiers signataires :

Clémentine Autain, Etienne Balibar, Julien Bayou, Annick Coupé, Marie-George Buffet, Éric Coquerel, André Chassaigne, Patrick Farbiaz, Gérard Filoche,  Jean Glavany, Pierre Laurent, Noël Mamère, Claude Martin, Myriam Martin, Jean-Luc Mélenchon,  Christine Poupin, François Ruffin, Denis Sieffert,

Source :

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TEXTE COLLECTIF JEUDI, 29 DÉCEMBRE, 2016

http://www.humanite.fr/greve-lormeau-lettre-ouverte-marisol-touraine-ministre-de-la-sante-629374

Plus sur le sujet

L’Ormeau : le contre-exemple d’une politique de santé publique responsable

http://www.ladepeche.fr/article/2016/12/29/2487310-ormeau-la-direction-appelle-a-la-reprise-du-travail.html

 

Le Point de vue d’HER 558217_611066385602792_694465029_n.jpg

La polyclinique clinique de l'Ormeau à Tarbes,  un conflit que madame la ministre ne peut ignorer. Il entre dans sa 8ème semaine et c’est une fois de plus, avec Marisol Touraine, la politique du « va voir la-bas si j'y suis, silence je m'en tape », la logique classique du pourrissement des situations.

Face à des salariés qui refusent d’exercer leur métier de soigner les patients dont ils ont la garde, - des êtres vivants sensibles et fragilisés par la maladie -, en étant enfermés dans des procédures que le patronat impose  dans les usines de production ou dans les sociétés de service.

Les conditions de travail des personnels médicaux conditionnent la guérison et le mieux être des malades en hospitalisation, clinique privées ou à l’hôpital public.

C’est une réalité à la quelle on ne peut échapper et qui doit conditionner la rédaction du cadre éthique d’accueil et de séjour des malades.

Humanisme-Ecologie-République soutient la démarche de ces salariés qui refusent de se voir imposer, par un groupe privé, MédiPôle Partenaires qui vise, avec le soutien de l’Etat via la Banque publique d’investissement,  à supprimer « la rémunération des temps de repas et de travail de nuit, 33,6 heures payées 35 »  mais également à mettre en place dans la clinique une polyvalence destinée à réduire la masse salariale globale le tout en vue d’une prochaine cotation en bourse.

La santé c’est de la responsabilité publique, il ne saurait être question de la laisser s’abimer, se pourrir, parce que le marché, la finance viendraient y imposer l’austérité, la marchandisation, le stress des soignants et la course hystérique aux profits.

Humanisme-Ecologie-République attend de Marisol Touraine, honnêtement sans trop y croire, un sursaut d’intelligence, d’humanité et de solidarité envers ces salariés, médecins, infirmiers, aides-soignantes, personnel de service, mais également tous ceux de la fonction hospitalière publique, mais également libérale, qui veulent exercer leurs missions respectives en étant respectés et considérés.

 

Bernard FRAU

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29/12/2016
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