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Analyse scientifique des résultats du dépistage organisé du cancer du sein

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Cette mise au point 2016 analyse les données acquises de la science qui démentent les trois allégations phares de l’intérêt du dépistage du cancer du sein par mammographie.

1°) le dépistage organisé sauverait des vies

2°) le dépistage organisé diminuerait le risque de mammectomie

3°) Le sur diagnostic serait rare et le sur traitement sans conséquences pour les femmes qui en sont victimes

Les données récentes dont on dispose montrent que :

 

1°) Le dépistage organisé par mammographie n’augmente pas l’espérance de vie des femmes qui s’y soumettent

2°) Le dépistage organisé par mammographie augmente le risque de mammectomie chez les femmes qui s’y soumettent

3°) La fréquence des surdiagnostics atteint 25 % à 40 % et les surtraitements qui en découlent sont responsables de la surmortalité des femmes soumises au dépistage 

 

Historique du dépistage

En 1985  un radiologue Tabár L. a présenté les résultats de l’étude dite des deux comtés  affirmant que le dépistage pourrait réduire la mortalité de 30 %.

La première analyse de l’étude publiée de Tabar, faite par P.H.Gotzsche a démontré depuis  que les résultats de cette étude sont incompatibles avec les données des registres de diagnostics et de décès en Suède et que son auteur a minimisé le nombre de morts par cancer du sein dans le groupe des dépistées

 

Tabár L n’a pris en compte que la mortalité spécifique (par cancer du sein) et négligé la mortalité globale (celle qui affecte réellement l’avenir des femmes et qui additionne mortalité par cancer du sein et celle dues aux conséquences directes et indirectes des traitements).

En France, le dépistage organisé du cancer du sein a été généralisé depuis 1989. Ce dépistage gratuit (pour les sujets dépistés mais pas pour la sécurité sociale) est proposé aux femmes de 50 à 74 ans tous les 2 ans. Deux mammographies sont réalisées. Leur valeur prédictive positive, c’est-à-dire leurs «chances » de détecter un cancer est proche de 5,8 %.

Le coût total annuel de ce dépistage était d’environ 1,5 milliard d’euros en 2005 et augmente probablement.

 

Absence d’études en France sur les résultats du dépistage

Curieusement, à ce jour, malgré l’importance des dépenses engagées, le nombre de participantes, l’abondance de la bureaucratie de soutien, et le recul de plus de 25 ans, aucune étude française sérieuse sur les résultats réels de ce dépistage n’a été publiée alors que les registres de la sécurité sociale (qui couvrent la quasi-totalité des femmes) et la déclaration obligatoire du diagnostic de cancer du sein pour obtenir le remboursement à 100 % constituent des bases solides pour une telle étude qui constituerait un bilan en taille réelle sur une population entière de cette action majeure de santé publique.

 

Les rapports, qui s’empilent chaque année, proposent d’améliorer les techniques de mammographies, cherchent à augmenter sa couverture, promettent des tests futurs qui repèreront les surdiagnostics, mais n’évaluent jamais ses résultats pratiques pour les femmes. Aucun n’analyse les données épidémiologiques.

L’intérêt du dépistage s’impose comme un crédo qui échappe à tout débat et n’aurait que faire des démonstrations scientifiques, des avis des élus et du consentement libre et éclairé des femmes.

 

Les résultats des études étrangères

Les études scientifiques existent néanmoins, à l’étranger.

La dernière actualisation de l’étude canadienne sur les résultats du dépistage organisé du cancer du sein par mammographie, publiée en février 2014  apporte une évaluation fiable des résultats réels du dépistage organisé.

Réalisée par l’université de Toronto à la demande du ministère de la santé canadien, porte sur une large population et bénéficie d’un long recul, assurant donc le plus haut niveau de preuve possible selon tous les standards scientifiques actuels.

Elle porte sur les femmes âgées de 40 à 59 ans et vise à établir si la mammographie de dépistage systématique diminue la mortalité spécifique (due au cancer du sein) et globale (toutes causes confondues).

 

Cette étude qui a débuté en 1980 porte sur 89 835 femmes âgées de 40 à 59 ans.

1190 cancers du sein ont été diagnostiqués, 666 dans le groupe soumis au dépistage mammographique systématique et 524 dans le groupe surveillé cliniquement.

Trois cent cinquante et un des 1190 cancers du sein dont le diagnostic a été fait durant le temps du dépistage ont entrainé le décès de la malade dont 180 chez les 44 925 femmes soumises au dépistage mammographique contre 171 (5% de moins) chez les 44 910 femmes suivies cliniquement. Dans cette étude le dépistage organisé par mammographie n’a donc pas permis de diminuer la mortalité spécifique.

 

On constate davantage de décès toutes causes confondues dans le groupe subissant le dépistage mammographique (4789) que dans celui des femmes surveillées cliniquement(4688).

Gilbert Welch, professeur à l'université de Dartmouth, rappelle qu’une étude américaine a ré analysé un millier de biopsies du sein datant des années 1950 et 1960.

À l'époque, les médecins n'avaient pas diagnostiqué de cancer du sein chez les patientes, mais en reprenant ces biopsies trente ans plus tard on a découvert qu'elles étaient bel et bien atteintes d'un carcinome in situ.

Parmi celles-ci, seulement 25 % avaient développé un cancer envahissant dans les dix ans suivant leur biopsie alors que 75 % n'en avaient pas développé.

L’examen anatomopathologique est incapable de différencier ces cancers biologiques qui ne seront jamais des maladies de ceux qui évolueront.

 

Le programme américain « Surveillance, Epidemiology, and End Results » de 1976 à 2008, évalue le surdiagnostic  à 31% de l’ensemble des cancers du sein diagnostiqués par le dépistage, chiffre très proche de celui (35%) de Jorgensen K , Bell à 30% à 40% en Australie, Alonzo à 42% pour les femmes nées dans les années 1950 en Catalogne , chiffres 4 à 10 fois plus élevés que ne le prétendent les promoteurs français du dépistage organisé.

 

En conclusion ces études solides réalisées sur une population proche de la nôtre qui bénéficie d’ un système d’accès aux soins comparable au nôtre confirme ce que de très nombreux autres auteurs rappellent régulièrement :

 

1°) le dépistage par mammographie annuelle ne permet pas d’améliorer l’espérance de vie par rapport au simple examen clinique dans une population qui a libre accès aux traitements complémentaires modernes et il expose les femmes qui s’y soumettent à de nombreuses complications.

2°) Le dépistage organisé par mammographie augmente le risque de mammectomie chez les femmes qui s’y soumettent. Une communication au congrès de sénologie de Marseille a montré que depuis la généralisation du dépistage le nombre d’ablation du sein a augmenté en France (avec 17 916 opérations en 2005 contre 18 627 en 2009).

 

Une étude de l’Institut Gustave Roussy a comparé la survenue du décès par maladie cardiovasculaire parmi les femmes traitées d’un cancer du sein avec ou sans radiothérapie. Avec un suivi de 30 ans, cette étude évalue l’excès de risque dû à la radiothérapie  à 28,8 pour mille c’est-à-dire que pour 10000 femmes victimes de sur diagnostic traitées par radiothérapie, on attend un surplus de 288 décès par maladie cardio-vasculaire !

 

Conséquences des traitements et risques du sur diagnostic

La mammectomie bouleverse l’image de la femme et sa vie familiale.

La chimiothérapie expose à de multiples complications.

La radiothérapie peut donner des gros bras et des cancers secondaires et lorsqu’elle touche le sein gauche elle irradie aussi le cœur et augmente le risque de décès par maladie cardio-vasculaire radio-induite.

L’hormonothérapie peut augmenter le risque de phlébite et d’embolie.

La somme de ces complications de traitements inutiles explique le surplus de décès «toutes causes confondues » observées chez les femmes qui se prêtent au dépistage systématique.

Conclusion

Sur la base des études scientifiques, l’information qu’il faudrait donner et qui doit être loyale, devrait aussi parler des risques importants de sur diagnostic et des traitements inutiles et dangereux qui en découlent  pour conclure «si vous vous soumettez au dépistage vous ne vivrez pas plus longtemps mais la vie pourrait vous paraître plus triste et plus longue».

 

Et pourtant, la France ne publie aucune étude scientifique d’analyse des bénéfices de la mammographie contrairement aux pays étrangers alors que le doute sur l’intérêt est démontré par les études étrangères.

 

Ne serait-ce que par principe de précaution, l’Etat devrait inclure en priorité dans le plan cancer la production d’études impartiales.

 

Aucun lien d’intérêt avec les firmes et associations qui interviennent dans la boucle économico-financière  du dépistage durant les campagnes d’information en France n’est jamais  mentionné alors que la loi française en fait pourtant obligation.

Aucun information en défaveur du dépistage n’est relayée, biaisant l’information donnée, faisant fi du devoir de l’état de neutralité et de défense des citoyens.

 

Aidez les femmes que vous connaissez, faites circuler ! 

Collectif pour la transparence de la santé

info@collectifpourlatransparencedelasante.com



01/03/2016
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