Humanisme-Ecologie-République

Humanisme-Ecologie-République

À Berlin, Varoufakis lance son utopie européenne

XVM17d89f60-cf4f-11e5-a1b4-fbbf1c532b16.jpg

Yanis Varoufakis, ce mardi. Crédits photo : FABRIZIO BENSCH/REUTERS

 

L'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a fait son retour sur le devant de la scène en lançant mardi un mouvement politique pour tenter de sauver une Europe menacée, selon lui, de désintégration.

Pour lancer son nouveau mouvement européen, Diem25 pour «Democracy in Europe mouvement 2025», Yanis Varoufakis a choisi un théâtre. Et pas n'importe lequel: la Volksbühne à Berlin, une scène engagée de la capitale allemande. Pour l'ancien ministre des Finances grec, qui a perdu l'année dernière son bras de fer «contre l'austérité» et la politique imposée à son pays par l'Union et par l'Allemagne, c'est une petite provocation mais aussi un acte de lucidité. «Rien ne changera en Europe sans l'Allemagne», reconnaît-il mardi, tandis qu'il présente son projet à côté de Srecko Horvat, un philosophe croate, figure des nouveaux altermondialistes.

Après Attac et le mouvement des indignés, Yanis Varoufakis tente à son tour de fédérer ceux qui rêvent d'une autre Europe. Si celle-ci ne change pas et ne se démocratise pas, «elle se désintégrera», prophétise l'ancien héraut de Syriza. «La désintégration de l'Union européenne va susciter un effondrement qui va ressembler de manière terrible à ce qui s'est passé dans les années 1930», précise-t-il. Pour «repolitiser l'Europe», l'ancien ministre plaide pour plus de transparence à Bruxelles et pour la création d'ici à deux ans d'une assemblée constituante permettant de refonder l'Europe en 2025. Son projet semble «utopique», lui fait-on remarquer ; il ne dément pas. «Mais quelle est l'alternative? Croire que l'on peut maintenir l'Europe tel quel, l'est encore plus», avance-t-il. La responsabilité en incombe notamment à la gauche européenne, «qui a échoué» dans son ensemble à réorienter l'Europe, admet-il. «Mais nous pouvons réussir», a-t-il lancé en citant une phrase fétiche d'Angela Merkel. La chancelière allemande est paradoxalement la seule à avoir été félicitée par l'économiste pour son attitude dans la crise des réfugiés. La situation actuelle atteste aux yeux de Varoufakis «de l'échec» de l'Europe, dit-il.

Diem25 attend beaucoup des réseaux sociaux

Mardi dans l'enceinte de la Volksbühne, les militants de Diem 25 ont travaillé toute la journée à leur projet. Si Yanis Varoufakis attire bien volontiers la lumière des projecteurs, le mouvement tente de rassembler sur tous les horizons et dans tous les pays: des représentants espagnols de Podemos, le chanteur Brian Eno, la dramaturge allemande Angela Richter, proche de Julian Assange, le français Julien Bayou, porte-parole des Verts… Le soutien d'Arnaud Montebourg avait été évoqué mais l'ancien ministre du Redressement ne s'est pas déplacé en Allemagne pour soutenir son ex-partenaire.

Comme d'autres parmi ses prédécesseurs, ce nouveau mouvement compte sur la mobilisation «citoyenne» pour réussir. Ce sera «notre levier», veut croire Yanis Varoufakis. Diem25 attend beaucoup des réseaux sociaux pour parvenir à se structurer et dépasser les frontières nationales et partisanes qui n'ont plus de sens selon lui. L'organisation veut aussi développer une application permettant aux sympathisants de se retrouver localement et de s'organiser. Une façon «d'uberiser» la révolution.

 

Nicolas Barotte

Correspondant du Figaro à Berlin

Source article :

http://www.lefigaro.fr/international/2016/02/09/01003-20160209ARTFIG00289--berlin-varoufakis-lance-son-utopie-europeenne.php

 



09/02/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 613 autres membres